Le Chief Digital Officer est-il l’ennemi du DSI ?

Au cours des cinq dernières années, de nombreux grands groupes ont nommé des Chief Digital Officers (CDO) ou directeurs de l’intégration numérique (à ne pas confondre avec un autre rôle en pleine émergence, celui de Chief Data Officer ou responsable des données). Ces nouveaux managers ont pour mission d’accompagner, voire de mener, la « digitalisation » de leur entreprise, une tâche pour le moins ambitieuse.

  • Si l’on regarde les missions de CDO, celles-ci ont une forte composante IT. Elles peuvent donc, en effet, recouper certaines activités auparavant attribuées à la DSI, comme les études, avec néanmoins un accent plus marqué sur l’innovation et l’évangélisation. Selon le cabinet de recrutement Michael Page, les principales missions d’un Chief Digital Officer sont les suivantes :
  • Élaboration et mise en œuvre de la stratégie globale digitale de l’entreprise en relation avec la direction générale.
  • Déploiement des projets en interne après des différents services et coordination des équipes.
  • Mise en place d’objectifs précis de performance et d’un plan d’exécution sur mesure.
  • Réalisation d’une veille régulière : il est attentif à toutes les opportunités qu’offre le numérique dans sa diversité.
  • Management des équipes webmarketing et des équipes techniques.

On ne peut opposer les DSI et les CDO : comme toujours, la réalité est un peu plus complexe. Estimer que les CDO vont remplacer les DSI, c’est aller un peu vite en besogne, en oubliant tout un pan de leur activité qui est le maintien en conditions opérationnelles du système d’information. Sans un système d’information solide sur lequel s’appuyer, la transformation digitale n’ira pas très loin ; elle pourrait même se voir stoppée net. Même les entreprises qui choisissent de se décharger de la gestion du système d’information, notamment à travers le cloud, ne peuvent négliger tout à fait ces enjeux. En effet, celles engagées sur cette voie sont souvent loin d’avoir migré tous leurs systèmes : dans l’intervalle, elles ont besoin de leurs DSI pour piloter la transition. Une fois que celle-ci sera achevée, il faudra toujours établir et surveiller les indicateurs de bon fonctionnement de l’infrastructure, et entretenir le dialogue avec les prestataires.

Par ailleurs, les DSI, même s’ils n’ont pas le mot « digital » inscrit en tête de leur carte de visite, participent aux projets de transformation, voire les mènent. Leur rôle a évolué et les DSI disposent aujourd’hui de nombreux atouts pour accompagner la digitalisation de leur entreprise : familiers des méthodes agiles, habitués à gérer des équipes pluridisciplinaires, « early adopters » de technologies émergentes, ils pratiquent la veille technique, négocient régulièrement avec les fournisseurs et sont garants de la sécurité et de la conformité des applications… Autant de talents bien utiles pour réussir la mise en œuvre de pratiques et de solutions nouvelles. A cela s’ajoutent leurs contacts fréquents avec les utilisateurs, d’où ils peuvent extraire des indications précieuses, en matière d’interfaces et de processus IT, sur ce qui fonctionne et ce qui génère des blocages.

Les CDO se présentent plutôt comme des « catalyseurs » ou des « accélérateurs » de la transformation. A cet égard, ce sont davantage des alliés pour les DSI que des rivaux.

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